La lutte autour des e-cigarettes à Boulogne 15/09/2013

Dix années après son apparition, le marché de la cigarette électronique est aujourd'hui un marché en pleine expansion. Tout le monde est fasciné par l'ampleur qu'a prise le succès de ce petit appareil à vapeur notamment au cours de ces deux dernières d'années.

Il s'agit d'un marché explosif qui double chaque année. Les professionnels qualifient ce phénomène tout simplement d'« exponentiel ». Le professeur Bertrand Dautzenberg, Président de l'Office Français de Prévention du Tabagisme a par exemple mentionné dans un communiqué qu' "en France, il se chiffrait à 50 millions d'euros en 2012, et il estime qu'il devrait atteindre 100 millions en 2013... Soit le montant des ventes de la totalité des produits conçus pour arrêter de fumer !". Selon les analystes économiques, il est fort probable que la cigarette électronique fasse encore plus de nouveaux adeptes puisqu'avec les 14 millions de fumeurs dans le pays, ce ne serait par les futurs vapoteurs qui manquent ! "On en compte déjà 1 million, contre 500.000 il y a un an", déclare le professeur.

Selon les estimations des analystes économiques et compte tenu du succès grandissant que connaît actuellement l'e-cigarette, les quelque 17 milliards d'euros générés par l'industrie du tabac en France seraient sur le point d'être dévorés à pleines dents par la nouvelle tendance.

D'un point de vue très simple, ce n'est pas vraiment surprenant que ce produit novateur fasse autant de ravages. En plus du fait que les fabricants et les utilisateurs satisfaits vantent ses mérites, notamment sur le fait qu'elle ait des effets moindres sur la santé par rapport à la cigarette traditionnelle, l'autre argument imparable de ce petit gadget est son prix. Si un fumeur moyen dépense environ 200 euros par mois pour s'offrir un paquet de cigarettes traditionnelles chaque jour, un utilisateur de l'e-cigarette lui ne déboursera que six fois moins. Une cigarette électronique de type rechargeable revient à environ 60 euros, dont 40 euros pour l'appareil et il suffit de renouveler les cartouches à raison d'une fois par mois. Pour le liquide, le vapoteur dépenserait seulement 6 euros tous les dix jours. Les modèles jetables sont plus onéreux mais comparés aux paquets de cigarettes classiques, elles restent toujours les plus rentables des deux.

Les analystes notent que c'est via internet que la cigarette électronique a ses premières conquêtes. "Dès 2005, des sites chinois puis anglo-saxons ont proposé la livraison en France d'e-cigarettes, souvent défectueuses, avec des fuites de liquides et de vapeurs", raconte Michel Masure, Secrétaire Général d'une association qui rassemble les défendeurs du droit des consommateurs de l'e-cigarette.

Mais le débat sur fond de polémiques reste très vif en ce qui concerne ce produit novateur. Les faits sont là ! Les fumeurs français ont déjà été conquis par la cigarette électronique. Elle s'est implanté dans le pays il y a déjà quelques années et le nombre de ses adeptes ne cesse d'augmenter de jour en jour…et les Boulonnais n'ont pas été épargnés par la nouvelle vague. En dépit du grand nombre de questions qui se posent encore autour de la cigarette électronique, notamment sur l'écran de fumée qui persiste sur ses effets sur la santé de ses usagers, cette fameuse e-cigarette continue à faire des prouesses sur le marché. A Boulogne, ce sont trois nouvelles boutiques spécialisées dans la vente de ce produit qui viennent d'ouvrir. Les buralistes n'ont pas non plus perdu leur temps pour profiter de ce marché lucratif.

Seule ombre au tableau : les consommateurs et les revendeurs semblent s'inquiéter du projet d'encadrement de l'e-cigarette annoncé dernièrement par l'Union européenne.

En général, les utilisateurs de la cigarette électronique ne veulent pas qu'on les appelle des fumeurs. Ils sont des « vapoteurs ». Et d'après eux, dire que l'e-cigarette est dangereuse est une idée totalement infondée. Dans le Boulonnais, la cigarette électronique a trouvé ses défenseurs. Face à l‘article de la revue « 60 millions de consommateurs » qui relatait une possible présence de substances cancérogènes dans l'e-liquide, la réaction des pro e-cigarettes de Boulogne ne s'est pas faite attendre. « Qu'ils nous montrent le protocole. C'est bien beau de faire peur mais qu'ils montrent comment ils ont procédé », clame le gérant d'un magasin pour e-cigarettes, Jacques Laplaine.

Il dit que lui-même vapotait l'e-cigarette depuis 2 ans déjà et son commerce marche super bien. « J'ai entre 80 et 100 clients chaque jour et ça augmente», lance-t-il.

Il a été remarqué que comme dans plusieurs régions en France, les vapoteurs Boulonnais préfèrent également les consommables français, c'est-à-dire de l'e-liquide de pure fabrication française.

Dans le magasin de Jacques Laplaine par exemple, les flacons de liquide ne proviennent pas de Chine comme les dispositifs. « Le matériel pour fumer est chinois. D'ailleurs cette cigarette a été inventée par un chinois et toutes les e-cigarettes sont fabriquées en Chine. En revanche, les consommables que je vends sont produits en France. Ils contiennent du propylène glycol, de la glycérine végétale, de l'alcool et certains ont de la nicotine», explique-t-il. Pour montrer qu'il fait attention au bien être de ses clients, Jacques poursuit : « La nicotine est toxique. Mais ce que cherche un consommateur, c'est la nicotine. Pour les consommables, il faut éviter d'acheter chinois car c'est moins clair, la production en France est mieux suivie. »

Une cigarette électronique est vendue à 15,90€ l'unité à Boulogne, et les recharges sont vendues à 5,50€ ou plus. A noter qu'avec un flacon d'e-liquide de 10 ml pour recharger les cartouches, le vapoteur peut être tranquille pendant la semaine mais cela peut bien évidement varier selon la fréquence d'utilisation de l'e-cigarette, c'est-à-dire le type de fumeur qu'il a été auparavant. Côté consommateurs, les opinions changent d'un client à un autre. « Il y a encore trop de polémique. J'en reste à la cigarette classique », déclare par exemple Jean-Paul. Pour Frédéric Deconde, il en est autrement : «Certains disent que l'e-cigarette est cancérogène mais si on va par là, tout l'est. Personnellement, mon pneumologue est content. Il m'avait dit que si je n'arrêtais pas la cigarette, j'étais bon pour le masque à oxygène. Avec ce produit, j'ai retrouvé du souffle et du goût. Même si j'ai besoin de ma dose de nicotine. Quand je suis en panne de liquide, je prends un cigare», témoigne-t-il.

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