Les tabacologues s'interrogent sur la décision de la Ministre de la Santé 19/06/2013

Le vendredi 31 mai, lors de la journée Mondiale sans Tabac, la décision qui a été prise par la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, Marisol Touraine, n'a pas vraiment été une surprise pour certains. Interdiction de vente de la cigarette électronique aux mineurs de moins de 16 ans, interdiction de « vapoter » dans les endroits publics… les tabacologues semblent préoccupés par cette conclusion. Selon eux, cette réglementation pourrait causer du tort à l'intérêt de la population.

La Ministre de la Santé a effectivement annoncé clairement qu'elle souhaite soumettre la cigarette électronique à des règles strictes au même titre que les produits du tabac. Il sera également question de la prohibition de toute publicité pour la cigarette électronique. « Vapoter c'est fumer », c'est ce qu'à déclaré la ministre de la santé. Madame Marisol Touraine voit donc la cigarette électronique comme un produit qui placerait son utilisateur sous les mêmes menaces que celles de la cigarette à tabac. « La cigarette électronique n'est pas un produit banal » et « le tabac, ce sont 73 000 morts chaque année », ce sont aussi des sujets sur lesquels la Ministre de la Santé a tenu à mettre les points sur les i lors de son discours sur France Info.

Quant à l'Office français de prévention du tabagisme , elle admet dans son rapport du 28 mai, le fait que la cigarette électronique est « bien fabriquée et bien utilisée, est en elle-même un produit qui présente des dangers infiniment moindres que la cigarette". Mais l'OFT rappelle aussi que la cigarette électronique n'est pas un produit suffisamment connu pour pouvoir attester de son innocuité de façon formelle.

La Ministre de la Santé aurait donc pris cette décision par simple précaution.

Mais certains scientifiques ne sont pas très convaincus par ces conclusions. De nombreux tabacologues sont convaincus que l'e-cigarette représente une solution thérapeutique encourageante pour les fumeurs .L'expert en santé publique à l'université de Genève, Jean-François Etter a par exemple qualifié cette décision d'action « par excès de prudence ». Sur la station de FRANCE 24, ce professeur a déclaré explicitement qu'il désapprouve l'énoncé du rapport des experts du 28 mai en rétorquant que ces idées avancées n'ont pas également de preuves scientifiques avérées. « Ce zèle est catastrophique », reproche-t-il. Il rappelle que la cigarette électronique présente une solution qui peut sauver beaucoup de vies. « Je ne comprends absolument pas ces déclarations décevantes et qui vont à l'encontre de l'intérêt de la population », exprime t-il au micro de FRANCE 24.

Lors de son passage dans l'émission "C à dire", sur France 5, William Lowenstein, un médecin spécialiste des addictions et Président de l'association SOS addiction pense également que la cigarette électronique a du vrai potentiel pour aider les fumeurs à décrocher et que ses effets sur ses utilisateurs ont de quoi donner de l'espoir. Le spécialiste rappelle que la cigarette électronique ne contient pas « toutes les substances cancérigènes qui sont promues par la combustion ». Selon lui, le fait de vapoter au lieu de fumer permet sûrement d'éviter et de se sevrer de toutes les substances néfastes de la combustion du tabac avec la cigarette classique.

Un autre expert en tabacologie, le professeur Robert Molimard se range aussi dans le même camp de ses amis. Très connu dans la recherche sur la tabacologie, ce scientifique n'a pas mâché ses mots pour braquer son arme sur les lobbys pharmaceutiques et sur les gouvernements dans cette affaire de réglementation de la cigarette électronique. Il y aurait, selon lui, de "probables arrangements" entre ces deux acteurs. Excédé et sans aucune hésitation, il dénonce sur FRANCE 24 : "Comment ne pas s'interroger quand la plupart des experts du rapport de l'OFT, dont Bertrand Dautzenberg, Béatrice Le Maître, Gérard Mathern, déclarent avoir des liens, voire des contrats, avec des groupes pharmaceutiques ! » « Il y a évidemment conflit d'intérêts ! », poursuit-t-il.

Il est évident que les lobbys pharmaceutiques font tout pour éliminer un concurrent potentiel selon le professeur. Le marché de la cigarette électronique dégage aujourd'hui un chiffre d'affaires qui est très loin devant celui des patches et des gommes à la nicotine des pharmacies. Il est donc probable que la ministre de la Santé a pris sa décision sous la pression de ces industriels.

Selon les analystes économiques, le chiffre d'affaires de la cigarette électronique, estimé à 40 millions d'euros en 2012, passera à 100 millions d'euros dès la fin de cette année 2013. C'est alors dans l'ordre logique des choses si certains veulent s'accaparer ce marché tellement lucratif alors que d'autres veulent la peau de la cigarette électronique !

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